En Turquie, on dit que les femmes qui viennent d'accoucher sont en grand danger. Car pendant les quarante jours qui suivent la naissance de leur enfant, elles sont vulnérables aux pouvoirs maléfiques de Al la Démone.
Al, aussi appelée la Femme Rouge, peut prendre la forme d'un chat, d'un chien ou d'un oiseau, mais son apparence réelle est celle de cette grande femme très laide, à la peau rouge, aux cheveux roux, et aux ongles crochus. Si elle réussit à s'approcher de la nouvelle accouchée, elle lui prendra le foie et le cœur, et les emmènera dans son panier pour les laver à la rivière la plus proche : dès cet instant, la femme est condamnée à mourir dans l'heure qui vient.
C'est pour cette raison qu'on ne laisse jamais une jeune mère seule durant les quarante jours fatidiques, il y a en permanence des femmes de sa famille autour d'elle. Car on peut se défendre contre Al l'Ecarlate. Comme les djinns, ces autres terribles créatures, elle est sensible aux épingles. Si on la pique, elle s'enfuira, en rendant ce foie et ce cœur qu'elle avait peut-être déjà eu le temps de dérober. Parfois, malgré sa faiblesse, on empêche la mère de dormir car on pense que Al passe surtout à l'attaque pendant le sommeil.
On dit qu'une femme qui a réussi à en préserver une autre des assauts de la démone devient une "ocak", une guérisseuse, et on dit aussi qu'elle et toute sa descendance féminine sont à jamais préservées de Al et disposent du pouvoir de la repousser. C'est pourquoi, quand une femme est appelée au chevet d'une accouchée pour la surveiller, elle ressent souvent un sentiment ambigu. Elle a peur, bien sûr, de voir surgir la terrible Al, mais elle se dit aussi, en serrant une longue épingle dans ses doigts, qu'elle peut acquérir de grands pouvoirs si elle parvient à la vaincre...
*
On retrouve le personnage de Al dans d'autres contrées, notamment en Iran, au Kirghizstan et en Azerbaïdjan. Dans ce dernier pays, on estime également que l'on peut libérer le cœur et le foie en poignardant la rivière où ils ont été lavés. Il semblerait en fait que cette légende soit liée à la fièvre puerpérale, une affliction qui frappe effectivement les jeunes accouchées et provoque, selon les cas, douleurs, évanouissements, ou périodes de délire.
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Les manuscrits et les livres sont conservés dans la première salle ; puis suit un
vaste corridor.
Sur ces côtés sont
disposés les sarcophages des disciples de Celaleddin. Puis dans le türbe proprement dit reposent le mevlana (poète-mystique) et son fils. Le
sarcophage est en marbre recouvert d’un épais brocard vert brodé d’or.
Nous
entrons ensuite dans l’ancienne salle de danse des derviches. Au centre de cette salle est exposée une collection de vêtements.
il faut des doigts de
fées pour tisser ses tapis en pure soie et surtout beaucoup de temps, plus de trois ans selon les modèles.
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