I. - CONTES ET LEGENDES DE LORRAINE

Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 16:56

C’est un animal fantastique qui hante les forêt lorraines.

Son pelage noir est parsemé de taches blanches, il est aussi gros qu’un blaireau, ses oreilles sont petites et pointues et ses yeux sont aussi perçants

Sa course est tellement rapide qu’il pourrait distancer sans problème un lévrier, lorsqu’il est en colère, il grogne comme un sanglier.

Le Darou n’est pas un animal méchant au contraire, il est très peureux et craintif.

Un soir, dans un café du village de Chantraine près de la ville d’Epinal, des jeunes gens qui buvaient, jouaient aux cartes, parlaient bruyamment décidèrent d’aller à la chasse au Darou.

Un inconnu nommé Yves qui se trouvait là demanda :

- C’est quoi un Darou ?

- C’est un petit animal aussi gros d’un blaireau ? Si tu veux tu peux venir avec nous.

Aussitôt dit, aussitôt fait, les jeunes gens se munirent d’un sac.

- Un sac demanda Yves. Pourquoi faire ?

- Mais pour ramener le Darou ?

Le petit cortège partit tout enthousiaste.

Ils se dirigèrent vers les bois à la queue leu leu. Ils parlaient tout bas en scrutant les taillis ; le vent soufflait et le sol était humide.

Soudain le jeune de tête s’arrêta.

- Regardez, il y a des traces sur le sol.

Braquant une lampe électrique ils virent des traces de pas.

- C’est le pied du Darou.

- C’est peut-être un chien, lança Yves.

- Non, je m’y connais, c’est vraiment le Darou. Il faut s’organiser, comme c’est la première fois que tu viens avec nous, c’est toi qui le tueras. Je te donne le fusil et le sac…

- Mais, je… bredouilla-t-il.

- Que nenni, nous allons rabattre la bête sur toi et dès que tu la vois, tu tires, d’accord…

- Mais.

- Pas de mais, nous comptons sur toi.

Bien malgré lui, Yves accepta, il tenait fermement le fusil et le sac.

- Il arrivera de quel endroit ?

- Tu le verras bien.

Yves se blottit derrière un buisson et les autres s’éloignèrent en silence.

Il scrutait la nuit noir, le vent soufflait de plus en plus fort, des formes inquiétantes zigzaguaient dans les branches.

Les secondes, puis les minutes passaient… Les branches craquaient, Yves commençait à trouver le temps long, quelques gouttes commencèrent à tomber.

Soudain un grincement sourd se fit entendre et des pas résonnèrent.

Une silhouette apparût.

- Hé, toi que fais-tu ici ?

Yves ayant de plus en plus peur, se recroquevilla sur lui.

- Ah, coquin, je te prends la main dans le sac.

Dans la pénombre Yves aperçut la casquette du garde chasse.

- Mais, je…

- Je te prends en fragrant délit de braconnage.

Yves apeuré, répondit en bredouillant.

- Mais, je, je chasse le Darou…

- Le Darou, c’est une plaisanterie. Ton compte est bon, viens avec mois, tu t’expliqueras à la gendarmerie.

Tout penaud, Yves suivit le garde chasse ; la pluie avait redoublé de violence.

Soudain, le garde dit à Yves :

- Il fait froid et nous sommes tout mouillé, nous allons nous arrêter au café et boire un bon grog. Yves ne voulait pas y aller, mais il le suivit de mauvaise grâce.

Au moment où il poussa la porte, un immense éclat de rire monta aussitôt de la salle.

Ils étaient tous de connivences, ainsi que le faux garde.

- Allons ! l’ami le Darou n’existe pas, viens boire un verre avec nous.

Yves qui n’était pas rancunier, rejoignit le petit groupe et tout se finit dans des rires et des chansons.

 




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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 15:57

Il y a très longtemps vivait à Buzy un seigneur très méchant passionné de chasse.

Tous les jours il courait le bois à la recherche de proies.

Sa femme, la blanche Iseult, s’ennuyait toute seule dans son château lugubre.

Un jour elle demanda à son époux de l’accompagner à la messe, il accepta, mais au moment de partir, arriva le brigand Philippe de Florange qui ne pensait qu’à la guerre.

Ami du sire de Buzy, il se moqua de lui lorsqu’il sut la raison de ses si beaux habits.

Phillipe fut tellement convainquant, que le sire de Buzy l’accompagna à la chasse.

Ne se faisant pas prier, ils partirent immédiatement.

Ils galopèrent à travers les champs, les forêts.

Soudain, le sire de Buzy aperçut un superbe chevreuil, dont les bois étaient en or massif.

Il s’élança à sa poursuite, l’animal était d’une agilité surprenante, lorsqu’il croyait l’attraper, elle repartait de plus belle dans une chevauchée fantastique.

Elle ne s’est jamais arrêtée, car on ne revit plus jamais de sire de Buzy…




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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 15:32

A Toul est produit un vin que l’on appelle « le gris de Toul ». Un jour Saint Vincent , patron des vignerons décida de visiter le village de Lucey.



Il apprécia la façon dont les habitants entretenaient leurs vignes.

Lors de son inspection, personne ne l’avait reconnu. Fatigué par sa longue marche, il alla frapper à une maison à l’entrée du village, mais personne ne répondit.

Il entra dans la maison et vit une cruche sur une étagère, ayant soif il se versa une grande rasade de ce nectar et le trouva fameux.

Dehors un oiseau chantait de sa plus belle mélodie. Ayant reconnu le Saint, l’oiseau se posa sur sa main. Curieux Saint Vincent lui demanda :

- Qui es-tu bel oiseau ?

- Je suis une linotte et je chante pour les vignerons qui sont dans leurs champs.

- Que me veux-tu ?

- Je suis triste car tu peux le voir ma robe est grise et terme. Je veille fidèlement sur les vignes et n’en suit pas récompensée comme le rouge gorge qui lui porte un plastron orangé décoré par le Christ et le chardonneret est l’emblème de la province.

- C’est fâcheux, que puis-je faire pour toi ?

- Me donner une récompense.

Saint-Vincent lui dit : goute ce vin que tu garde fidèlement.

L’oiseau s’exécuta, mais en plongeant son bec dans la cruche, il glissa et sa poitrine effleura la surface du vin. La gorge de la linotte formait une collerette bleutée.

Le Saint lui dit : Tu as toi aussi obtenu une décoration.

L’oiseau tout heureux remercia le saint et s’envola

Depuis ce jour la linotte de vigne a cette magnifique tache de la couleur du vin qui la distingue des autres oiseaux.






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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 15:21

Son nom était La Marguerite Frioule. Elle vivait à l’écart du village de Corny dans une vieille maison et possédait une chèvre toute décharnée.

Souvent le samedi soi, une épaisse fumée noire sortait de la cheminée.

Elle avait un chat noir avec des yeux étranges. La chèvre avec des cornes de la même forme que celles du diable.

Lorsque les gens passait devant sa maison, ils se signaient un signe de croix.

Pourtant, personne du village ne pouvait se plaindre d’elle, mais les gens pensaient qu’elle était une sorcière et qu’elle exerçait ses maléfices ailleurs.

Par crainte, des gens du village la dénoncèrent à la justice et elle fut condamnée pour sorcellerie et être brulée vive.

Le bucher fut construit sur la grande place du village. Tout les gens du village et des alentours accoururent pour assister à l’exécution.

La Marguerite au moment de monter sur le bicher demanda une dernière faveur :

- j’aimerais tenir encore une fois dans ma main la pelote de laine que j’ai filée et qui se trouve dans ma maison à côté de mon rouet.

On lui accorda cette derrière faveur. Une fois la pelote dans sa main, le fil se déroula rapidement et la ficela du haut en bas comme un saucisson. Elle vola dans les airs et disparut derrière une colline.

Tous le gens furent surpris et déçus de ne pas avoir d’exécution repartir dans leurs maisons.








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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 21:20

Le lac de Longemer entouré d’une belle forêt de sapins verts est réputé pour son abondance en poissons. Se côtoient truites, brochets, perches et bien d’autres espèces.

Charlemagne de passage dans la région attiré par les eaux transparentes du lac décida de s’y arrêter et d’y pêcher.

Il fit une pêche fructueuse et soudain sa ligne fut tirée si brutalement qu’il faillit tomber dans l’eau.

Avec l’aide de deux valets il ramena un énorme brochet. Long de trois coudées et pesant comme un enfant de six ans ; personne n’avait vu un poisson de cette taille.

Le brochet faisait des bonds gigantesques.

De peur qu’il ne réussisse à retourner dans l’eau, les valets voulurent le tuer avec un épieu.

Charlemagne les arrêta et prit le collier de cuir ornée d’une clochette qui se trouvait au cou de son chien.

Il ordonna à quatre de ses valets de tenir l’animal et il attacha le collier sous ses ouïes avant de le rejeter dans l’eau.

La magnifique bête disparut dans les eaux profondes.

Charlemagne heureux de son geste ordonna à ses sujets d’arrêter la pêche.

Depuis ce jour, les voyageurs qui se promènent le long des berges du lac le soir, entendent parfois un léger carillon, venu des profondeurs.






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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 21:15

Saint Airy, 10è évêque de Verdun, vivait au VIè siècle. Il était né en août dans un champ de blé. Ses parents de pauvres paysans l’appelèrent Agecius (Champêtre) en français Airy.

De passage dans la région le roi d’Austrasie lui servit de parrain.

L’enfant fut confié à des moines qui l’éduquèrent. Il fut ordonné prêtre en 554 et sacré évêque de Verdun.

Respecté de tous il eut un jour la visite en 590 de Childebert II, fils de Sigebert et le Brunehaut.

Saint Airy le reçut royalement ; les guerriers francs qui l’accompagnaient étaient fourbus et avaient très soif. Le vin coulait à flot.

Soudain au cours du repas, un serviteur avertit le Saint de manque de vin.

Il ne restait plus qu’un seul baril contenant 20 litres de vin.

Le Sain s’approcha du petit baril, se recueillit et le bénit.

Il dit aux serviteurs :
-        
Servez-le.

Les échansons obéirent. Plus ils tiraient du vin et plus il y en avait encore et encore…

Le vin était encore meilleur que le précédent.

Le roi et sa cour admirèrent le prodigieux petit tonneau.

En remerciement de son hospitalité, Childebet II fit don à l’évêque de plusieurs terres aux alentours.

Le peuple raconta le roi avait quitté la région en laissant les tonneaux plus pleins qu’à son arrivée.

Le Saint fut dorénavant représenté avec son petit baril.

 




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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 21:03

Bébé naquit en 1741, au hameau de Champeney dans les Vosges.

Il était si petit que son berceau fut un sabot garni avec de la laine. Il mesurait vingt centimètres et pesait 370 grammes.

Tout le village était en admiration devant lui.

Ses parents le nourrissaient pendant un an avec quelques gouttes de lait.

Baptisé Nicolas, il jouait avec une chèvre qui lui donnait son lait, une oie qui le protégeait des agressions extérieures.

A trois ans il savait à peine marcher et parlait peu.

A l’âge de cinq ans, il mesurait 56 centimètres.

Il était tellement mignon que sa notoriété alla jusqu’au château de Lunéville, La reine Catherine Opalinska voulut voir le petit nain.

Son père alla au château avec l’enfant emmailloté dans un petit panier et le présenta à la reine.

Cette dernière émerveillée par tant de beauté voulut le garder en son château.

-        
Sire, j’accepte votre demande, il sera mieux ici qu’à la maison.

Le bébé fut présenté à toutes les dames de la cour.

Mme de Talmont qui fut la plus enthousiaste devint son éducatrice.

Elle lui fit donner des cours de lecture, de chant, de maintien… Malgré les efforts il ne fut jamais capable de lire et d’écrire.

A quinze ans il mesurait 78 centimètres.

La chambre de bébé avait été aménagée en fonction de sa taille.

Il était choyé et gâté. Il participait à toutes les fêtes données à la cour…

Un jour arriva au château de Lunéville un nain polonais surnommé joujou. Il mesurait 80 centimètres de haut et était très intelligent.

Bébé en était très jaloux.

Le roi fâché par ces scènes violentes dit à bébé :

-        
Joujou est plus gentil et intelligent que vous.

Profondément blessé bébé jura de se venger.

Un jour il profita de l’absence du roi et de sa cour pour se débarrasser de joujou.

Dans la pièce il y avait une cheminée, bébé se précipita sur joujou et voulut l’entraîner dans l’âtre. Joujou hurlait tellement fort que des laquais accoururent et séparèrent les deux nains.

A son retour, le roi infligea une terrible correction à bébé et l’obligea à demander pardon à joujou en public.

Bébé obéit, mais perdit toute sa gaité.

Joujou quitta le château de Lunéville.

Bébé rentra de nouveau en grâce auprès du roi et de sa cour.

Il mourut à l’âge de vingt-trois ans en 1764.

Une figurine est toujours exposée au Musée Lorrain à Nancy.

 
 
 




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