Poèmes des Zhou
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Anthologie de 310 poèmes de la dynastie Tang compilée au XVIIIe siècle et devenue un véritable manuel de classe. Chine-Nouvelle en a sélectionné 30, proposés avec
les mêmes explications que reçoivent les écoliers chinois. Découvrez Du Fu, Li Bai, Wang Wei, Li Shangyin, Meng Haoran, etc.
Les Poètes Tang
Ce nouvel an lunaire change chaque année entre janvier et février. Sur la porte d'entrée auréolée de rouge chacun a le coeur en fête en calligraphiant ses meilleurs voeux pour le Nouvel An. Au petit matin, petits et grands font exploser des centaines de pétards tout en tapant sur des tambours afin de faire fuir les mauvais esprits et notamment faire revivre une ancienne légende...
Au temps où les dragons puissants vivaient sur Terre ou dans les mers et océans, personne en Asie ne fêtait le nouvel an lunaire. Il y avait un village de pêcheurs où c'était même le plus mauvais jour de l'année : un homme avait tué un dragon des mers ! Tous savaient que cette chose terrible et malheureuse ne devait se pratiquer sous aucun prétexte sinon le fantôme du dragon hanterait le village devenu maudit chaque année à l'aube de ce nouveau jour...
Au petit matin, et ce chaque année depuis le malheureux accident, le fantôme de ce dragon tué apparaissait, secouant sa lourde et hideuse tête à la crinière recouverte d'écailles rugueuses, la langue pendante, tout en hurlant horriblement : « Je veux manger : j'ai très faim ! Apportez-moi un de vos fils qui vient de naître pour que je le mange ! Vite, très vite ou alors, vous le regretterez fortement car je viendrais détruire vos récoltes, vos granges et votre maudit village !
- Non ! Non ! Il n'est pas question que nous fassions une telle chose ! Nous ne te l'accorderons pas !, répliquèrent les habitants effrayés, les femmes en pleurs."Nous ne te laisserons pas d'enfant à incurgiter, méchante bête ! Nous te combattrons plutôt afin de sauver notre village."
- "Ah, vous le prenez ainsi ? C'est ce qu'on va voir ! Je vous tuerai un par un jusqu'au dernier, vous y passerez tous puisque vous le prenez sur ce ton !" Le fantôme-dragon emplit tout son estomac et souffla très fort son haleine nauséabonte et bouillante en direction du village et de ses âmes si rebelles. La chaleur était si intense et les fumées si opaques que nul n'y voyait goutte : le 'brouillard' s'insinuait de partout alentour et les êtres humains se mettaient à crachoter, à tousser horriblement.
Plusieurs femmes perdirent connaissance tant la peur tordaient leurs boyaux, certaines jeunes filles devenaient même hystériques, s'en compter les jeunes gens qui se rapetissaient sur place tant leur frayeur s'en trouvait grandie. Voyant tout ce remue-ménage, l'un des hommes d'un certain âge, l'un des sages de ce bourg de pêche, prit la parole d'une voix chevrotante et dit que ce fantôme-dragon pouvait aisément les tuer tous. Il constata qu'il valait mieux accéder à sa requête afin qu'il ne lui prenne point l'envie de se décider à débuter le carnage prédit. Il décida donc d'intercéder en sa faveur mais vraiment très à contre-coeur de lui offrir ce qu'il demandait si férocement, soit un petit enfant à peine né pour tenter de sauver le reste de ce si pauvre village. Il pensait faire une bonne action avec cette obole humaine ! Ainsi jamais plus ce dragon-fantôme ne réapparaîtrait, du moins le croyait-il, naïvement..
Seulement, d'année en année, le fantôme-dragon réclamait : chaque année, une famille différente se sacrifiait en donnant son fils mâle pour plaire à cet animal et à son atroce chantage. Un jour vint où ce fut au tour cette année-là, de la jeune femme Wang, veuve de son état, de se retrouver à sacrifier son seul enfant, un petit garçon de cinq ans, seul bien de son défunt mari, mort en mer un jour de pêche particulièrement tumultueux. Selon la coutume préétablie, deux fois deux jours avant le nouvel an lunaire, le guide spirituel de philosophie taoiste partait du temple sur la colline qui surplombait le village et sa baie pour venir prendre le 'cadeau' et parcourait les rues jusqu'à la maison désignée qui offrait son premier enfant-né. Tandis qu'il se rendait à son triste travail, vers la crique, là où se situait la masure de la jeune veuve Wang, chacun des villageois se trituraient l'esprit pour savoir chez qui il s'arrêterait et avec hésitation, se posait cette question : "Vers quel logis peut-t-il bien marcher aujourd'hui ?" et une réponse outrée surgit tout à coup du regroupement :
"Il stoppera chez la petite veuve Wang.", une autre voix féminine surgit de la troupe en colère :
"Oh non, ce n'est pas humain cela ; pas chez elle ! Elle vient de perdre son mari et c'est son seul enfant !Il faut faire quelque chose, on ne peut laisser faire ce chantage ignoble..."
Les voisins de la jeune femme Wang s'étaient réunis autour de sa misérable demeure, pensant entendre des pleurs, des larmes, des paroles de douleur quand elle apprendrait le verdict final et sans appel. Rien. Rien ne filtrait de sa pauvre maison de pêcheur. Quand l'envoyé fut reparti, ses voisins immédiats se précipitèrent pour faire le constat de la désolation de la malheureuse victime. Ils la virent assise dans sa cuisine, triste mais aucunement le visage ravagée par les larmes. "Le messager des rites et coutumes vous a dit la mauvaise nouvelle pour vous de cette année qui va s'annoncer ?"
- Oui bien entendu, il m'a délivré son acte en bonne et dûe forme," répond alors cette courageuse veuve, calmement et toute en douceur. Les autres ne comprennent décidément pas son détachement.
- Mais, mais... Pourquoi, oui pourquoi ne vous lamentez-vous pas alors ? Cela serait normal, non ?
- Parce que le temps m'est compté et que je ne puis le passer à pleurer" leur répond Wang. "Je réfléchis vivement à la manière de berner ce vilain fantôme-dragon. Car une chose est sûre : il n'aura pas mon cher fils."
Les jours et nuits précédant l'évènement, elle tenta de rassembler ses idées, scrutant le sol et échafaudant un bon plan. Par nstants, elle regardait son fils s'amusant tranquillement dans la cour ; dans d'autres, elle se rendait pour prier aux pieds de l'autel de ses aïeuls ainsi qu'aux dieux protecteurs des femmes, des familles, des morts, des enfants. Son fils s'endormant sereinement, elle se mettait à son côté, le câlinant doucement tout en se disant qu'il ressemblait tant à son père. Elle consulta la guérisseuse, le chamman du village ou sorcier, les prêtres puis ceux de ses voisins et amis. Personne n'avait de véritable solution : le cas était perdu d'avance, quasi désespéré.
Fatiguée, démoralisée, déprimée, la jeune mère épuisée s'effondre sur la terre battue du temple, face à l'autel des ancêtres de sa famille, le petit bien calé contre elle. Elle rêvait... rêvait... Finalement, elle dormit bien : beaucoup de rêves apparaissait en un ordre indéfini. Elle rêvait de dragons et de fantômes, elle voyait la peur et la douleur, elle imaginait des bébés innocents et la crainte, elle était entourée de sang et de très forts sons... la surprise et la joie : tout tourbillonnait dans son crâne tourmenté. Plusieurs heures avant l'instant fatal, elle se réveilla et secoua ses cheveux en un geste douloureux : sa tête avait trop rêvé. Tout d'uncoup, une idée fusa : le miracle allait poindre, enfin ! Elle savait vraiment ce qu'elle accomplirait : ses images devenaient un puzzle tout à fait clair !
Les bêtes fantasmagoriques de son rêve étaient résolument effrayées par deux choses : le sang et les bruits assourdissants. Quand on a peur, on fuit droit devant. Le plan reste enfantin : le sang posé sur la porte du seuil, je taperai tant que le fantôme du dragon s'en retournera apeuré et s'enfuira à toutes pattes... Pour le sang... étant pauvre, je ne possède pas un seul poulet...'' S'armant de courage, madame Wang prend un couteau pointu et fait une estafilade en sa main, faisant tomber les gouttes de son sang sur une étoffe jusqu'à ce qu'ensemble elles épongent le tissu. Elle ledéploie alors et l'accroche à l'extérieur tout autour de sa porte. Fière de sa trouvaille ingénieuse, elle cherche des ustensiles pour assourdir le 'monstre sanguinaire'...
Aucun magasin ne se retrouve ouvert en ce jour : pas de pétards donc. Elle voit des bambous : une idée fuse. Elle en coupe une dizaine en grands morceaux et les dispose en une pyramide assez haute sur le devant de sa cour juste au-dessous du tissu entaché de sang. Ils brûleront et éclateront tous à la fois telle une vraie patarade ! Le feu devra jaillir juste à temps et qu'il éclate à la face du fantôme-dragon. Pour cela, elle confectionne une petite torche et s'assied dans l'ombre de son seuil, guettant l'aube et la venue du dragon.
Se dictant la patience, elle attendit. Tout était monstrueusement calme, si serein que seuls les coups de son coeur s'entendaient. Progressivement la lune et les étoiles disparaîssaient, laissant le ciel vide. Puis d'abort tout doucement, elle écouta un hurlement, celui du fantôme-dragon : il arrivait !
" Dois-je prendre ma torche pour allumer le feu ? Non, il est encore un peu trop loin. Attendons..."
Tout le bourg se trouvait caché dans les lits sous les couvertures élimées, tremblants de tous leurs membres. Aucun des habitants ne se reposait : la jeune veuve Wang affrontait seule le fantôme-dragon. Une unique personne dormait d'un sommeil d'ange : son fils ! Un long cri vint à ses oreilles : il était vers le bas du village. Elle alluma le feu à l'aide de sa torche et enflamma sa pyramide de bambous. Le sol vibrait sous le corps du fantôme-dragon qui marchait vers elle. Il arrivait à sa ruelle, s'approchant lentement... Devant chez elle, il stoppe et regarde le linge ensanglanté, hurlant si violemment que ses os s'entrechoquent. Le feu de bambou pète : terrifié par la vue du sang et le feu qui éclate, il s'enfuit en courant à travers le village !
La veuve Wang s'assied les jambes coupées et des larmes se mettent à couler lentement sur ses joues. Les villageois la rejoignent alors. Les tambours frappent et les cloches sonnent : les gongs du temple marquent en leurs sons graves le grand jour ; des pétards sortent des maisons et amusent petits et grands qui font éclater en même temps leur joie ! Depuis cet événement marquant, célèbre en toute l'Asie, lors de l'avènement de chaque année, dans tous les villages, même les plus petits, on entoure grâce à des papiers rouges les portes et on fait éclater des pétards le plus bruyamment possible dès l'aube ; depuis cette époque très reculée, le fantôme-dragon n'est pas revenu. Jamais...

Vers l’an 850, l’empereur de Chine en quête d’immortalité, entendu dire par des marchants de la route de la soie, qu’un fils de roi avait renoncé à son pouvoir de prince héritier. Et après des années de travail il eut atteint l’illumination et de par ce fait, le savoir après la mort. L’empereur fit savoir qu’il voulait le rencontrer. La nouvelle arriva jusqu’aux oreilles de Bodhidharma. (vous savez bien le fameux téléphone arabe, ça fonctionne sans électricité) quelques années après l’empereur de Chine reçu à sa cour un personnage habillé comme un mendiant, prétendant être celui qu’il avait demandé. L’empereur ne le crut pas, il rétorquait qu’un fils de roi ne se déplace pas sans sa garde, et de plus venir d’aussi loin sans tomber sous le joug des brigands, même si pauvre que l’on soit, est impossible. L’empereur le jeta dehors.
En chemin Bodhidharma entendu dire que des moines étaient dans la même quête que lui, et se rendit dans le monastère à son retour vers son pays natal. Il y trouva des moines, gros, et malades. Les terres de la région sont grasses et bien arrosées, les récoltes sont abondantes et la quête de ces moines suscite grand intérêt auprès des notables de la région étant envieux de connaitre une longue vie, les dons affluaient de la part de ces notables et riches propriétaire de terrain.
Il y resta 7 ans, Habitant est méditant dans une grotte dans la montagne. Il conçut des exercices corporels en observant comment les animaux faisaient pour se soigner et entretenir leur corps. C’est ainsi qu’il conçut le Qi Gong des animaux pour une meilleur santé. Un jour par un hiver rigoureux les moines ne virent pas venir Bodhidharma, craignant qu'il ne soit mort de froid, les moines décidèrent de monter à la grotte, il découvrit Bodhidharma dehors, presque nu, en position d'embrasser l'arbre, la neige avait fondu autour de lui sur un mètre de circonférence. C’est ainsi qu'il démontra le pouvoir du Qi. (Énergie qui vital et qui régis l'univers)
A la cour de l’empereur les récits du mendiant venu comme étant l’illuminé restait dans les faits des récits à rire en tant que moquerie, mais les rumeurs étant à double histoire, il fut aussi entendu que c’était bien le fils du roi ayant atteint l’illumination qui était venu à la cour, Ce roi était réputé dans l’inde pour appartenir à une caste de guerriers réputés, c’est pour cela que le fils détenant cette forme d’art martial pu venir sans escorte jusqu’à la cour de l’empereur sans tomber sous le joug des brigands. Sachant qu’il s’était arrêté au temple de Shaolin, des grands guerriers en voulurent en savoir plus sur son savoir de l'art du combat, et se mélangèrent aux moines du temple, le mettant au défit dans des combats. Bodhidharma étant plein de sagesse, acceptait les défits mais pas sans condition, si lui gagnait, ils devaient rester au service du temple. Ainsi le Kun fu commença.
Quant aux points sur la tète des moines de Shaolin, se sont des brulures faites avec de l’encens. Le premier point situé au milieu, à la base de la chevelure, en haut du front représente sept ans ou Bodhidharma resta à Shaolin, 7 ans de travail à respecter les règles bouddhistes mis en place par le temple. Puis chaque point représente trois ans, trois mois, trois semaines, trois jours. On retrouve ces règles chez les lamas tibétains. En tous, ces sept points représentent l’accomplissement d’un travail de recueil envers leur foi, soit plus d’un quart de siècle …j’en ai vu avec plus de sept points, ailleurs qu’au temple de Shaolin, au service dans d’autres lieux bouddhiques.
Les récits au court des temps sont enjoliver pour en faire des contes et des légendes, En ces temps là, il est sûr qu’il ne fallait pas trop s'aventurer, seul, dans des contrées méconnues sans être bien accompagnés. Et s'est encore d'actualité.
Le Roi Dragon de la mer de l'Est avait une fille de dix-huit ans très belle et extrêmement intelligente.
Le Roi Dragon cherchait à marier sa fille, mais cette dernière ne voulait épouser aucun des jeunes hommes qu'on lui présentait, et le Roi ne savait que faire.
Il lui demanda:
- Ma chérie, quel genre de mari veux-tu?
- Papa, je n'aime pas les riches, ni les puissants, je veux épouser un homme honnête et courageux, répondit la jeune fille.
Le Roi Dragon ordonna à ses conseillers d'aller chercher un prétendant qui correspondait au goût de sa fille.
Le Ministre Tortue présenta un garçon, mais celui-ci ne plut pas à la jeune fille.
Le Maréchal Crabe en présenta un autre, qu'elle n'aima pas davantage.
Un jour, le Général Anguille, au retour d'une patrouille sur le fleuve, proposa à son tour un jeune homme.
Ce dernier s'appelait Ah Er et habitait au pied d'une montagne. Il était célèbre pour son honnêteté et sa bravoure. Orphelin et pauvre, il n'était pas encore marié. Il vivait de la chasse avec son grand frère.
La fille du Roi Dragon devint toute souriante en entendant cela.
Cependant, Le Roi Dragon fronça les sourcils et dit:
- Ma fille, d'une part, on ne sait pas s'il est vraiment honnête et courageux et d'autre part, il n'est pas de la gent aquatique comme nous, comment pourriez-vous vous marier?
Voyant que son père n'était pas d'accord, la fille du Roi ne fit plus sa toilette, ne se coiffa plus et resta au lit.
Le Roi Dragon était perplexe et ennuyé, le conseiller Crevette avança une proposition qui fit aussitôt sourire le Roi.
Cette nuit là, Ah Er vit en rêve un vieillard aux cheveux blancs qui lui dit:
"Ah Er, une jeune fille t'attend au bord de la rivière. Va vite la demander en mariage."
Tout heureux, il se réveilla et raconta son rêve à son drère aîné Ah Da. Jaloux, Ah Da lui répondit:
- Il ne faut pas prendre ce rêve au sérieux. Ne t'abandonne pas à la rêverie. Recouche-toi.
Ah Er se rendormit; Ah Da se leva furtivement et se dirigea vers la rivière.
Au réveil, Ah Er constata que son frère n'était pas là et il ne savait pas où il était. Se disant que son rêve pourrait être vrai, il s'habilla et se rendit au bord de la rivière.
La lune toute ronde luisait dans le ciel. La brise soulevait l'eau de la rivière brillante. Des lucioles, avec leurs petites lanternes, voltigeaient sur les rives. Au clair de la lune, une jeune fille assise sur une pierre plongeait ses longs cheveux dans l'eau.
Cette fille était la beauté-même. Ah Da et Ah Er s'approchèrent d'elle en même temps et la demandèrent en mariage.
Tournant la tête, la jeune fille leur jeta un coup d'oeil, et demanda:
- Qui voulez-vous que je choisisse? Répondez vous-même! Qui est le plus honnête et le plus courageux?
Les deux garçons répondirent en même temps:
- Je suis le plus honnête et le plus courageux.
- Eh bien, mes honnêtes gens, mes courageux, maintenant j'ai besoin d'une escarboucle. Celui qui la trouvera m'épousera, dit la jeune fille.
Les deux frères demandèrent:
- Mademoiselle, où est cette escarboucle?
- Elle est chez Le Roi Dragon de la Mer de l'Est. Je vous donne à chacun une épingle pour écarter les eaux, afin que vous puissiez descendre dans la Mer, répondit la jeune fille.
Puis, elle leur donna à chacun une épingle.
Après avoir salué la jeune fille, les deux frères s'en allèrent l'un derrière l'autre.
Où était la Mer de l'Est? Personne n'y avait jamais été. A quelle distance était-elle? Personne ne le savait.
Ah Da monta sur le cheval qu'il avait emprunté et s'en alla vers une grande route. Ah Er, quelques paires de sandales de paille sur le dos, se mit en route en suivant un petit chemin le long de la rivière.
Ils marchaient le jour et se reposaient la nuit, et, au bout de nombreux jours, Ah Da arriva dans un village qui venait de subir une inondation après une pluie de dix jours d'affilée.
Beaucoup de champs et de maisons étaient sous les eaux. Les vieux et les enfants s'étaient enfuis dans la montagne. Les jeunes manoeuvraient des barques pour repêcher des objets dans l'eau.
Trois jours plus tard, les eaux ne s'étaient toujours pas retirées, et les villageois étaient très inquiets en pensant que les céréales seraient perdues et que les maisons s'écrouleraient. Les vieux dirent:
- Dépêchons-nous d'aller emprunter la louche d'or du roi Dragon! On ne saurait écoper toute cette eau qu'avec cette louche d'or.
Mais qui pourrait assumer cette tâche?
Ah Da n'avait plus de provisions. Comment Faire?
Ayant entendu ce qu'on avait dit, il cria:
- Je vais justement voir Le Roi Dragon. Si vous me préparez des provisions, j'emprunterai pour vous la louche d'or.
Les villageois en furent contents. Bien que souffrant de la faim, ils offrirent de la nourriture à Ah Da et lui firent traverser la rivière en barque.
Deux jours plus tard, Ah Er arriva dans ce village. Il n'avait plus rien à manger et trompait sa faim avec le produit de sa chasse. A la vue de l'inondation, très inquiet, il suivit les jeunes villageois pour les aider à repêcher les objets dans l'eau.
Au bout d'une journée, il entendit dire qu'il faudrait la louche d'or du roi Dragon pour écoper toute l'eau. Il dit alors aux villageois:
- Je vais justement voir Le Roi Dragon, j'emprunterai pour vous la louche d'or.
Les villageois trouvèrent étrange que deux hommes allasent l'un après l'autre voir Le Roi Dragon. Cependant convaincus de son honnêteté, ils dirent à Ah Er:
- Jeune frère, nous te prions de t'en charger. N'oublie pas!
Faisant oui d'un signe de tête, Ah Er leur serra les mains en disant:
- Mes chers amis, je ne saurai oublier. Si je puis descendre dans la mer, j'emprunterai certainement pour vous la louche d'or.
Les villageois voulurent lui faire traverser la rivière en barque, Ah Er les en remercia, se jeta à l'eau et nagea vers l'autre rive.
Quand Ah Er arriva au bord de la Mer de l'Est, son frère aîné était déjà là en attente depuis longtemps.
la Mer se montrait en colère et ressemblait à un champ de bataille immense. Le vent sifflait si fort qu'on avait l'impression d'entendre le son aigu d'une corne. Les vagues, telles une troupe de cavaliers, se précipitaient avec violence sur le rivage. Des rochers de plusieurs tonnes étaient emportés dans la mer comme de simples fétus.
Pris de panique, Ah Da n'osait pas y descendre et demanda à Ah Er de marcher en premier.
Sans rien dire, Ah Er, l'épingle à la main, se jeta sur les vagues. Chose curieuse, les eaux s'écartèrent, une grande route se déployait devant eux. Ah Da ferma les yeux et suivit Ah Er jusqu'au fond de la mer.
Arrivés à la porte du Palais royal, ils exprimèrent leur intention au gardien, qui les laissa entrer.
Le Roi Dragon fut heureux de les recevoir et les accompagna à la salle du trésor. Il dit:
- Eh bien, prenez ce que vous voulez. Mais le seul règlement chez nous est que chacun ne peut prendre qu'un seul objet.
Puis, il fit un signe de la main, et la porte s'ouvrit. La salle était ruisselante de couleurs multiples. C'était splendide! Toutes sortes de trésors se trouvaient sur les murs et les tables.
Ne pensant qu'à épouser la jeune fille, Ah Da choisit la plus grosse perle. Elle brillait tellement qu'elle éclairait toute la salle. Il la prit, la mit dans son sac à dos. Insatisfait, Ah Da voulut prendre tout ce qu'il voyait lingots d'or, talismans de jade... Il finit par être expulsé de la salle par le gardien du trésor.
Ah Er entra dans la salle, vit l'escarboucle sur un étagère, mais ne la prit pas, pensant qu'il avait promis aux villageois d'emprunter la louche d'or, puis il sortit de la salle.
Le Roi Dragon invita les deux frères à rester quelques jours, mais ils refusèrent. Le Roi Dragon les accompagna alors jusqu'à la sortie de la mer.
Arrivés à la côte, Ah Da monta sur son cheval, le fouetta et le fit galoper droit en avant. Ah Er se mit en marche. Il était très loin derrière son frère.
Quand Ah Da passa par le village inondé, l'eau ne s'était toujours pas retirée, beaucoup de céréales étaient perdues et de nombreuses maisons écroulées. Les villageois attendaient sur la route.
Ils l'entourèrent dès son arrivée et lui demandèrent:
- Où est la louche d'or?
Il dit un mensonge:
- Le Roi Dragon n'a pas voulu me la prêter. Je ne puis rien faire pour vous. Cela dit, il fit galoper son cheval.
Le lendemain, arriva Ah Er. Une fois la rivière traversée, il cria aux villageois sur la montagne:
- Mes chers amis, venez vite, voilà la louche d'or!
Ravis, les villageois se dirigèrent vers lui.
Ah Er et les villageois allèrent écoper l'eau avec la louche d'or. Au premier coup, l'eau se retira des maisons; au deuxième coup, les céréales apparurent; et au troisième coup, l'eau se retira complètement.
Ah! Une grosse huître reposait dans un creux. N'ayant plus d'eau, elle était déjà morte. On l'ouvrit et y découvrit une grosse perle noire.
Les villageois offrirent cette perle à Ah Er, en lui disant:
- A cause de l'inondation, nous n'avons rien de mieux à t'offrir. Garde cette perle en souvenir.
Ah Er les remercia et mit la perle dans son sac à dos. Il serra les mains des villageois et prit congé d'eux.
Bien qu'il n'eût pas pris l'escarboucle, il était satisfait en pensant qu'il avait aidé les villageois.
Ah Da rentra à la maison en quelques jours. Il rejoignit la jeune fille au bord de la rivière et lui remit respectueusement la perle brillante en lui demandant sa main tout de suite.
La jeune fille répondit:
- Attendons le soir pour voir si c'est une escarboucle ou pas!
Le soir, Ah Da retourna au bord de la rivière, sortit la perle du sac et constata qu'elle ne brillait pas du tout.
Ah Da sanglotait de désespoir. Fou de colère, il piétina la perle, qui se brisa et répandit un liquide puant.
Un jour après, Ah Er rentra. La tête baissée, il alla voir la jeune fille et lui expliqua:
- Mademoiselle, excusez-moi, je n'ai pas pu obtenir l'escarboucle que vous désiriez.
- Alors, qu'as-tu dans ton sac à dos? demanda la jeune fille.
- Ah! C'est un cadeau offert par d'autres, une perle normale, répondit Ah Er.
Ah Er sortit la perle noire qui n'avait aucun orient.
A côté, Ah Da dit en ricanant:
- Ces galets brillent plus que ta perle.
- Attendons le soir pour voir! intervint la jeune fille.
La nuit tomba. Ah Er ouvrit son sac et en sortit la perle.
Ah! Cette perle était vraiment splendide! Ce n'est pas une simple perle, mais la lune, que l'on croyait voir rouler dans le creux de la main. En fait la lune était terne comparée à cette perle dont la lumière argentée qu'elle irradiait éclairait le bord de la rivière comme s'il faisait jour.
Ayant pris l'escarboucle, la jeune fille la lança vers le ciel et le joyau y brilla d'un éclat éblouissant.
Quand Ah Da rouvrit les yeux, il vit dans la lumière argentée un Palais doré dont le toit pointu était surmonté de l'escarboucle. La jeune fille et Ah Er, vêtus d'habits de cérémonies magnifiques, la main dans la main, épaule contre épaule, entraient pour s'y marier.
Ah Da se précipita vers le Palais, en atteignit la porte, c'est alors qu'un gardien l'empêcha d'entrer.

Un jour, alors que Zhuangzi chassait, il vit un oiseau dessiner un cercle dans les airs. En regardant attentivement, Zhuangzi réalisa que le gros oiseau concentrait toute son attention sur un oriole. L'oriole fixait une mante, la mante avançait lentement en direction d'une cicade. Zhuangzhi fut effrayé lorsqu'il réalisa ce qui se passait, il jeta son arc et ses flêches et se précipita chez lui. Il s'enferma dans sa maison pendant plusieurs jours
Zhuangzi saisit la vérité : La propre vie de ceux qui manigancent pour s'emparer de la vie des autres est déjà convoitée par quelqu'un d'autre. Les coupables sont toujours punis et ceux qui ont bon coeur récompensés selon la loi du ciel. Cette loi se manifeste parmi tous les êtres vivants, en chaque chose, chaque pensée, chaque mot et chaque action.

Un jour m'est venu une étrange pensée en regardant des gens pêcher : Quelle est la différence entre l'homme et le poisson ? L'homme saupoudre des miettes ou utilise des vers comme appât pour la pêche. Et le poisson veut manger et pense que c'est super. Il s'avère qu'il n'est utilisé que pour l'amusement ou pour être mangé. Le monde humain est un nid d'émotions et un grand étang de pêche, la renommée et la richesse étant utilisées comme appâts. Depuis l'antiquité, les gens qui recherchent la renommée et la fortune n'ont pas bien fini.
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